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Boucheron – Collier de chien Diamants – XIXème

Collier Boucheron diamants XIX siecleCollier de chien articulé en or 750 millièmes et argent 925 millièmes composé de six motifs ronds ajourés à décor de feuillages entièrement sertis de diamants ronds de taille ancienne et taillés en rose, certains plus important — Travail français du XIXe siècle.

L’Histoire de la maison Boucheron créée en 1858 par Frédéric Boucheron traverse les fastes du second Empire et de l’Art nouveau.

La Nature est un des thèmes fort de la maison.

Il fut mis à l’honneur par Frédéric Boucheron qui s’en inspira abondamment. C’est également un des sujets de prédilection des créateurs de l’Art nouveau (1895-1910). Période où le naturalisme s’imposera en réaction à l’historicisme omniprésent dans les arts décoratifs de la fin de siècle.

Le collier présenté par Me Olivier Doutrebente assisté du cabinet d’Emeric & Stephen Portier illustre cette vogue et l’importante de la Nature comme source d’inspiration.

Bijou extrêmement gracieux que l’on imagine porté par la Comtesse Greffulhe dans un des salons de son hôtel particulier de la rue d’Astorg…

Il semble par sa finesse, ses lignes souples, fleuries et ajourées, conçu pour souligner le cou Motif Collier Boucheron HDgracile, la nuque d’une femme aux cheveux relevés en chignon vaporeux tel qu’on les porte en cette fin de siècle. Les fleurs inscrites dans les maillons ronds deviennent motif principal, les diamants sont comme accessoires du bijou, visant à sublimer, illuminer la femme qui le porte.

La Souplesse du collier, l’articulation fluide des six maillons qui le composent témoigne de la remarquable maitrise technique et du savoir-faire des artisans de la maison Boucheron. Le collier serpente, les motifs s’adaptent, épousent le cou et s’y posent parfaitement.

Témoignage d’une époque, de la qualité des bijoux de la maison Boucheron, ce collier a été adjugé 67.000 euros lors de la vacation orchestrée par Maitre Olivier Doutrebente à l’hôtel Drouot le 10 avril 2018.

 

Paire de pot à fard – Paris 1715 – Jacques Delavigne

Le cérémonial de la toilette né au XVIIe autour de la personne royale a donné lieu à la création de mobilier et objets d’apparat. La toilette devient un moment de Représentation.

Peu à peu ce cérémonial et le mobilier qui y est attaché se répand à l’aristocratie donnant lieu à des nécessaires fastueux   fait pour être vu et témoigner de la richesse de leur possesseur.

La toilette se déroule alors dans la chambre lieu de réception et de paraitre plus que d’intimité.

A l’origine le mot toilette désigne l’étoffe sur laquelle sont posés les accessoires puis par extension l’ensemble des objets la composant.

Les objets de toilette sont réunis en nécessaire ou service de toilette au cours du XVIIe. Ces nécessaires sont décrits dans les inventaires royaux mais peu ont survécu aux fontes ordonnées par Louis XIV.

Van Mieris Frans Le Vieux

 

Cérémonial de la toilette.

« Autour d’un miroir de chevalet éclairé de flambeaux se répartissent coffrets, pelotes à épingles, boîtes à poudre, pots à fard, brosses, aiguière et bassin, disposés à la vue de ceux à qui l’on accordait audience tout en se faisant coiffer ».

 

 

Ces nécessaires différaient suivant qu’ils étaient destinés à un homme ou une femme. Ils comprenaient miroir, boites à éponges, bassin & aiguière, boites à poudre …   pots à fard ou pots de toilette.

Les pots à fards étaient généralement présentés sur un plateau présentoir à pied dit « salve ». Deux exemples sont conservés aux musées des Arts décoratifs de Bordeaux (Jean Charles Fauché, Paris 1449-50) & Strasbourg. Leur usage s’est poursuivi jusqu’au XVIIIe siècle.

Il s’agissait de petit récipient pouvant être en argent mais aussi en faïence ou en porcelaine. Saint-Cloud proposa de nombreux ensembles de pots contenant les fards. Ces pots cylindriques, complétés d’un couvercle à prise en bouton, étaient réalisés en plusieurs grandeurs suivant leurs fonctions.

On distingue les boites à poudre, les pots à onguent, à opiat (pour les dents), à fard …

Le fard constituait l’indispensable touche finale à la toilette. Depuis l’Antiquité grecque, on utilisait la céruse (oxyde de plomb), sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Dès la fin du XVIe siècle, on se farde pour avoir le teint blanc. L’usage du fard donne l’illusion d’un visage pur, exempt de toutes taches, de toutes cicatrices. Il permet de dissimuler les rougeurs, les couperoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins. La blancheur du visage est symbole de pureté et de distinction de l’aristocratie.

Autre couleur de fard le rouge, symbole de séduction, il fut utilisé par Louis XIV et par les membres de la cour à sa suite. 

Paire de pot a fard Paris 1715 DELAVIGNENotre paire de pot à fard provient certainement d’un nécessaire. Elle a été réalisée vers 1715 par Jacques DELAVIGNE, orfèvre reçu en 1714. I

Les pots posent sur un piédouche à bordure de godrons et sont ornés à mi-corps d’appliques de motifs de lambrequins, godrons alternés sur fond amati délimités par un jonc. Le col est souligné d’une frise ciselée de lambrequins et de filets. Les couvercles à doucine sont bordés d’une moulure de godrons, la prise en forme de fruit sur tertre godronnée rayonnant.

Les motifs de lambrequins en applique sur un fond légèrement amati ou encore la frise gravée sur le col frise de volutes témoignent des décors en vogue au début du XVIIIe. Le décor ornant le corps : alternance de lambrequins et godrons alternés est à rapprocher de celui d’une timbale de Louis BELLANGER, Paris 1722 (collection Jourdan Barry) . Ce modèle étant courant dans les années 1710 -1720.

Objets rares cette exceptionnelle paire de pots à fard a été adjugée 38.000 euros par Me Olivier Doutrebente assisté du cabinet d’Emeric & Stephen PORTIER.

Informations :

  • Vente du 10/04/2018 à Drouot
  • Etude DOUTREBENTE
  • Adjugé : 38.000e
  • Bibliographie : Les orfèvres et l’orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle – Michèle Bimbenet Privat Tome II Paris Musées

 

 

Croix épiscopale

Lors de leur vente de prestige du 13 juin 2018  à Angers, Maitres  Xavier de la Perraudiére & Florian d’Oysonville assistés du cabinet d’Emeric & Stephen Portier, ont présenté un pendentif croix épiscopale en or jaune 750 millièmes, ornée d’émeraudes et diamants de taille ancienne du XIXème siècle.

Très belle enchère pour un objet rare et prestigieux de part sa fonction et sa beauté intrinsèque.

Pendentif Croix Episcopale Emeraudes DiamantsIl s’agit d’une croix pectorale de forme latine, croix destinée à être suspendue autour du cou par un cordon ou une chaine. Cet insigne religieux, de dignité, était destiné aux papes, cardinaux, archevêques, évêques et hauts dignitaires ecclésiastiques. Souvent en or ou en argent elles étaient ornées de pierres précieuses, de même nature et de même couleurs que les anneaux pastoraux.

Pour les cardinaux la pierre employée était souvent le saphir, pour les évêques , l’ améthyste ou le rubis, pour le pape, un camée ou une intaille portant une représentation héraldique papale.

Notre croix sans doute épiscopale est ornée au centre de sept émeraudes rectangulaires à pans coupés dans un entourage de diamants de taille ancienne.

Elle est sertie d’émeraudes de Colombie, leur provenance est attestée par un rapport gemmologique du CARAT GEM LAB précisant qu’il n’y a « aucune imprégnation constatée ».

La Colombie est un des lieux d’extraction les plus importants pour les émeraudes.

Les mines de Muzo et Chivor, proches de Bogota, étaient déjà exploitées sous les incas, elles furent redécouvertes au XVIIe siècle.

Le certificat précise « aucune imprégnation constatée » ce qui signifie qu’elles n’ont pas été traitées pour en sublimer l’aspect par imprégnation d’huile ou résine.

En effet l’émeraude est une pierre précieuse naturellement incluse. Elle présente souvent des givres blancs. Afin de les atténuer, elle est trempée dans de l’huile ou comblée de résine, pour amoindrir les inclusions et mettre en valeur la couleur de la pierre.

Les émeraudes de notre croix sont elles naturelles.

Un objet pieux, sept émeraudes naturelles de 1.30 carat environ chacune, de couleur et de qualité égale, d’un vert pur, transparent et vif, adoucit et mis en valeur par un entourage de petits diamants ronds facettés de taille ancienne, confèrent à cette croix un charme attractif, quasi addictif qui peut expliquer la flambée d’enchères dont elle a fait l’objet….

Informations :

  • Etude Xavier de la Perraudière & Florian d’Oysonville
  •  à Angers
  • le 13/06/2018
  • Adjugé : 120.000 euros

Nautile – Augsbourg, XVIIe

NAUTILE AUGSBOURG XVIIe siecle argent

Maitres Pichon & Noudel Deniau, commissaires-priseurs à Cannes, assistés du cabinet d’Emeric & Stephen PORTIER présenteront le 6 avril prochain, une coupe nautile montée en vermeil.

L’orfèvrerie allemande à la Renaissance est florissante, l’essentiel de la production qui jusque-là était religieuse se développe au profit de l’orfèvrerie civile. Les principaux centres de création sont alors Nuremberg, Augsbourg, Dresde, Berlin et Hambourg.

Photo : Nautilidés Paris – Musée National d’Histoire Naturelle

Augsbourg, ville d’Allemagne du Sud, est au XVIe siècle une des capitales de l’art allemand, réunissant des peintres dont Hans Holbein, des humanistes et des orfèvres. Les orfèvres de toute l’Europe y convergent. Ils sont une soixantaine au milieu du XVIe, ils seront plus de deux cent à la fin du siècle. Toutes les conditions sont réunies pour assurer cette prospérité et une richesse de création : nombreuses commandes des ducs de Bavière, de la cour impériale et de riches commerçants ou membres de la finance, paix religieuse, échanges enrichissant avec l’Italie .Cette prospérité perdure au XVIIe et XVIIIe siècle.

 

Parmi les créations des orfèvres allemands: les nautiles. Au sens premier, le nautile est un mollusque céphalopode, à coquille en spirale, par extension, le vase fait d’une conque marine à laquelle une monture en argent a été adaptée.

La coquille du nautile est évidée, polie, parfois sculptée. Elle est insérée dans une monture en vermeil. Le nôtre est entièrement gravé de motifs marins, algues et mollusques sur fond d’écailles .La base de forme ovale est décorée en repoussé de motifs de vagues peuplées de créatures marines. Émanant des flots un triton forme le fût et supporte sur sa tête, entre ses mains la conque. Les montants sont soulignés de chutes de perles et terminés par un mascaron fondu, en applique s’inscrivant dans le prolongement des bras de l’atlante.

Photo : Bartel Jamnitzer, 1576-1591- Orfevre a Nuremberg – Musée de KASSEL

Cette figure d’atlante marin soutenant la coupe est à rapprocher d’autres coupes comme de celle de Bartel Jamnitzer conservée eu musée de Kassel ou encore le turbo monté en coupe de Friedrich Hillebrand du musé d’Ecouen.

Le bord supérieur avant est finement gravé de rinceaux fleuris peuplés d’oiseaux : autruche, coq et héron. A l’arrière, la bordure plus large est ornée de deux dauphins affrontés et surmontée d’une bande unie ponctuée au centre d’un mascaron et fixée à la conque par des rivets fleuronnés.

La monture est surmontée d’une nef. A la poupe, une tente pavoisée animée de quatre soldats armés de lances, au centre le mat sommé d’une vigie entre deux échelles sur lesquelles grimpent des matelots. Sous la vigie, une voile gonflée par le vent retenue par des cordages en fils d’argent torsadés.

Poinçon Augsbourg XVIIe

Poinçon Augsbourg XVIIe

Elle est poinçonnée sur la base du poinçon de la ville d’Augsbourg (une pomme de pin) et du maitre orfèvre portant le monogramme « MB ».Il peut s’agir de Marx MERZENBACH, reçu orfèvre à Augsbourg en 1642. La partie supérieure en forme de nef a probablement été transformée postérieurement.

Les nefs, pièces d’orfèvrerie en forme de navire

Objet d’origine médiévale, il s’agissait de pièce d’orfèvrerie en forme de navire appelé «  nef de table ».qui renfermait, dans la coque du bateau, le couvert, la salière ou la boite à épices. Placé sur la table, il servait également à désigner la place de son propriétaire au cours d’un repas.

La nef est alors à la fois objet utilitaire, décoratif et d’apparat.

Notre nautile surmonté d’une nef s’apparente plus à un objet d’apparat, il ne peut de par sa taille et de par le nautile constituant son corps servir de contenant. Peut-être était-il utilisé sur une table d’apparat ou comme objet d’ornement d’un cabinet de curiosité.

Les « chambres de merveille » ( Wunderkammer) ou cabinet de curiosité étaient des espaces ou les collectionneurs réunissaient des objets de nature hétérogène illustrant les trois règnes : animal , végétal et minéral ainsi que des réalisations humaines , symboles de la Création dans toute sa diversité .

Parmi les objets rares et précieux réunis dans ces cabinets : les coupes composites en nacre, coquillage, coraux, œuf d’autruche, noix de coco enrichies de monture en matières précieuses, unissant à la fois la Nature et le talent de l’orfèvre. Ces coupes composites alliaient argent et matière naturelle avec une grande virtuosité et une incroyable créativité. Objets de prestige et d’ornement ils témoignaient du gout et de la richesse de leur propriétaire. Ils étaient attributs de la culture et du pouvoir de leurs possesseurs.

Les nautiles sont présents dans les natures mortes réalisées par les peintres du Nord au XVIIe, comme Willem Kalf, Willem Claeszoon Heda, Pieter Claesz, Pieter Van Roestraeten. Ils trônent sur les tables servies où  se mêlent victuailles, vaisselle dans une perspective à la fois réaliste et symbolique, associés aux allégories de la brièveté de la vie et de la mort.

 

Informations

  • Azur Enchères Cannes
  • Mes Pichon – Noudel-Deniau Commissaires-