Boite à Cage en or jaune Paris 1787 – Michel de Lassus

Boite a cage en or jaune - Paris 1787 Michel de LassusBoîte montée à cage en or jaune gravé et ciselé présentée par Maitres Éric Beaussant et Pierre Yves Lefèvre assistés du cabinet Emeric et Stephen Portier.

Décorée à toutes faces de panneaux de nacre et burgau, incrustée et doublée d’or. Elle figure des paysages et scènes animées de personnages : jeune homme musicien, dignitaire sous un parasol, volatiles et attributs, inspirés de l’Extrême Orient

Elle porte les poinçons du Maitre orfèvre Michel de LASSUS, PARIS 1747.

 

TabatièreBoite montre a cage en or jaune Michel de Lassus Paris 1747

L’apparition du tabac au XVIe suscita un vif engouement en Europe, on fume la pipe ou on prise le tabac. L’usage du tabac devint un véritable phénomène de mode sous Louis XIV, puis tout au long du XVIIIème siècle.

Pour répondre à cette mode, on crée à travers toute l’Europe des objets, telles les râpes ou pots à tabac, les tabatières,   posées sur une table ou logées dans une poche.

Il s’agît de boites qui doivent fermer hermétiquement pour conserver la poudre de tabac. Elles sont en bois, cuir, argent et or suivant les goûts et les moyens …

Les rois, seigneurs et dames de cours prisaient, l’art de prendre ou d’offrir une prise faisait partie de belle manières. La prisée devient marque de distinction.

La fabrication de tabatières, boite à mouches, étuis à cire …. Constitue une des spécialités les plus importantes de l’orfèvrerie au XVIIIe. Les tabatières en or jaune, sont réalisées par des orfèvres bijoutiers spécialisés dans la création de menus objets qui se distinguent des orfèvres grossiers spécialisés en argenterie. Le nombre de maitre orfèvre, qui travaille en «  gros bijou d’or » est limité, il ne doit pas dépasser la centaine.

De forme contournée dans les premières années du XVIIIe, les tabatières dans la décennie des années 1740 adoptent un modèle rectangulaire plus sobre. La tabatière est alors une « nécessité sociale »attestant de la richesse et du bon gout de son possesseur.

Elles sont alors en or imitant dans le travail de ciselure la soierie à motifs de fleurs, émaillées en plein ou cloisonnées, ornées d’un portrait ou montées à cage, garnies de gouache , plaques de laque du japon , de pierres ornementales ou nacre …

C’est l’orfèvre qui crée la boite « à cage » ou « en cage », la monture en or comporte des petits montants dans lesquels sont insérés de panneaux de nacre ou écaille, porcelaine … Au début du XVIIIe ce type de monture était interdite , car les gardes de l’orfèvrerie et la cour des monnaies s’y opposèrent, ils craignaient que les orfèvres trichent sur le poids de l’or ; ils voyaient comme une tromperie le fait de proposer des boites qui n’étaient pas totalement en or . Ce qui est étonnant c’est que jusqu’en 1755 ce type de monture interdit au maitre orfèvre et réservé aux marchands merciers fut produit. Il semble que les orfèvres aient pris quelque liberté avec cet interdit. Les orfèvres fabriquèrent les boites et y insèrent des panneaux de laque, nacre, porcelaine … l’intérieur étant le plus souvent doublé d’or. Les tabletiers intervenaient dans la fabrication des panneaux en nacre, écaille ou ivoire.

La nacre a été utilisée dans la fabrication de tabatière vers 1730, la période de grande vogue se situe entre 1740 & 1750. La nacre étant blanche ou à reflets roses violacé comme sur cette boite, où il s’agit de nacre burgau.   Les maitres orfèvres réalisant ce type de boites furent Antoine Filassier, Etienne Trenel, Jean Ducrollay, Paul Thiboust, Jean II Gaillard, Michel de Lassus…

 

Michel de Lassus (1720 -1772)

Michel de Lassus fut maitre à Paris, il fit insculper son poinçon en juillet 1720. En 1744 il repend l’affaire de Louis Michelin et s’installe rue de Gesvres au « Louis d’or pour la vaisselle ».

Un modèle approchant de notre boite de Paris 1748-1749 est conservé au Musée du Louvre (OA2119). Il s’agit également d’une tabatière en or montée à cage, à décor de chinoiserie en nacre et burgau.

 

Chinoiseries

Boite montre a cage en or - Paris 1747 -  Michel de LassusLes tabatières à sujets inspirés de l’extrême orient utilisant le burgau sur fond de nacre, connurent un grand succès entre 1740 et 1750 à Paris.

Dès le Moyen Âge, le commerce a introduit en Europe des marchandises provenant de l’Extrême-Orient. Les marchands, les missions religieuses, les compagnies maritimes ont fait progressivement découvrir aux Européens des civilisations lointaines.

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, l’Antiquité classique servit de référence aux créateurs, aux artistes, au début du XVIIIe, l’Extrême Orient devint une nouvelle source d’inspiration.

Un Orient souvent de fantaisie s’installe dans les arts décoratifs européens, tel en témoigne le décor de cette boite de musicien et dignitaire sous un parasol.

Poinçon Michel de Lassus

Poinçons

Les poinçons du maitre orfèvre : MDL, de charge : bras humain pour Paris 1744-1750 et le poinçon de maison commune : lettre G pour Paris 1747 figurent dans le couvercle et dans le fond. La décharge : Tête de saumon sur la gorge du couvercle

 

Bibliographie :

  • Les tabatières du Musée du Louvre par Serge Grandjean, RNM 1981
  • Boites en or et objet de vertus – Musée Cognac Jay

Mes Éric & Pierre Yves Lefèvre, assistés du cabinet Emeric & Stephen Portier

Mardi 2 décembre 2016 – Drouot Richelieu – Adjugé 188.000 euros

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