La théière du Tsar Nicolas 1er

La théière du Tsar Nicolas 1er – Martin Guillaume Biennais

Théière BiennaisThéière en vermeil de forme ovale posant sur une base à décor alterné de feuilles d‘eau et feuilles d’acanthe, la panse ornée de deux scènes à l’antique : le mariage et la naissance d’après Augustin DUPRE, sur un fond amati souligné d’une frise de rinceaux fleuronnés, papillons et femmes ailées entourant le monogramme, surmonté d’une couronne fermée du grand-duc Nicolas PAVLOVITCH.

Le couvercle à charnière dissimulée, la prise en ébène incrustée d’un losange en vermeil repercé en son milieu, sur tertre rayonnant de feuilles d’eau.

Le versoir terminé par une tête de dauphin.

L’anse en ébène à double attaches de masque féminin et tête bélierPhoto HD – cliquer ici

Elle porte sur le fond la signature en cursive « Biennais orfèvre à Paris »

Vers 1817, Martin Guillaume BIENNAIS (1764-1843)

  • Poids brut : 1.425 g
  • Hauteur : 20 cm
  • Longueur : 33 cm, largeur : 13 cm

Poinçons sur le fond :

  • Poinçon de titre, Paris 1809 – 1819
  • Poinçon : association des orfèvres
  • Poinçon de Martin Guillaume Biennais
  • Signature en cursives

Cette théière appartient au service commandé par Nicolas Pavlovitch, tsar de Russie, sous le nom de Nicolas 1er de 1825 à 1855 à l’orfèvre M.G Biennais, vers 1817, à l’occasion de son mariage avec Charlotte de Prusse. Trois théières ont été commandées à l’orfèvre Martin Guillaume Biennais pour ce service, une est conservée au musée Gulbenkian, l’autre est dans une collection Européenne.

La forme de cette théière dite « étrusque » s’apparente à celles du service à thé de Napoléon et Marie-Louise conservées au Louvre. Ce sont les dessinateurs Charles PERCIER et François FONTAINE qui en ont créé le modèle. Les théières sont peu fréquentes dans la production de M.G Biennais, elles appartiennent, le plus souvent à des nécessaires.

Théière BiennaisLes deux bas-reliefs, fondu et ciselé, ornant la panse, sont l’œuvre d’Augustin DUPRE, graveur général des monnaies de France (1748-1833),

Le mariage est inspiré des noces Aldobrandines, fresque antique d’une villa découverte en 1605 et achetée par le cardinal Aldobrabdini. Elles devinrent célèbres sous le nom de noces aldobrandines. Augustin Dupré s’en inspire.

 

Nous retrouvons ce décor sur la boite à thé du service de l’empereur conservée au musée de Louvre, sur plusieurs meubles fournis par Biennais à l’impératrice Marie- Louise.

Théière Biennais

 

Le second bas-relief, la Naissance, crée également pour Marie-Louise évoque la naissance du roi de Rome, elle figure sur l’écritoire offert à l’impératrice après la naissance du roi de Rome.

 

 

La théière appartenant au service de Nicolas Pavlovitch conservée au musée Calouste Gulbenkian, présente les mêmes décors, le mariage et la naissance, évoquant le mariage de Nicolas Pavlovitch et Charlotte de Prusse, les naissances à venir . La base, ainsi que le bec verseur et les attaches de l’anse sont identiques. Le monogramme de Nicolas Pavlovtich est placé au même endroit, dans l’axe du bec verseur. Photo HD – cliquer ici

Des pièces du service de Nicolas Pavlovitch sont conservées dans les collections du musée Calouste Gulbenkian et au Rijksmuseum d’Amsterdam.

Bibliographie : L’orfèvre de Napoléon Martin – Guillaume Biennais d’Anne DION-TENENBAUM – RMN

Nos chaleureux remerciements à Maria Rosa Figueiredo, Conservateur en Chef, Musée Calouste Gulbenkian

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