Archives pour la catégorie ACTUALITES

Colmar, David I Weiss – Ecuelle en vermeil

 

Ecuelle - Colmar - XVIIe siècle - Daniel I Weiss & Bamberg

Ecuelle – Colmar – XVIIe siècle – Daniel I Weiss

L’étude de Maîtres Éric Beaussant et Pierre -Yves Lefèvre  assistée du cabinet  d’Emeric et Stephen PORTIER présentait une écuelle et un couvercle en vermeil uni lord de la vacation du 29 novembre.

Cette écuelle était, pour le corps de l’orfèvre David I Weiss, Colmar début XVIIe et pour  le couvercle probablement de BAMBERG fin XVIIe – début XVIIIe.

 

Les premiers orfèvres de Colmar étaient d’anciens compagnons travaillant entre le Saint Empire, Augsbourg, Ulm et la Lorraine avant de se fixer dans un atelier à Colmar. 

Dès le XIVe des orfèvres sont recensés à Colmar.

Colmar, de par sa situation géographique, était au cœur d’échanges économiques  entre les Vosges, le Rhin, Strasbourg, Bâle et l’Italie du Nord.

Cette situation géographique conjuguée à l’exploitation de mines d’argent des Vosges et de la Foret noire a favorisé la prospérité de la ville.

Les orfèvres y auront un rôle de premier plan.

Ecuelle - Colmar - Début XVIIe siècle - Daniel I Weiss

Ecuelle – Colmar – Début XVIIe siècle – Daniel I Weiss

Ils reçoivent des commandes d’œuvres civiles et religieuses de la part de couvents et résidences de familles nobles.

La profession va s’organiser, le premier règlement d’orfèvres est rédigé en 1378.

Les pièces sont alors marquées d’un poinçon aux armes de la ville et du  poinçon de l’orfèvre, le  titre est  de13 loths d’argent fin, soit  812,5 millièmes.  

Poincons Colmar debut XVIIe siecle Daniel I WeissDaniel WEISS, fils de Georg  Weiss, orfèvre de Sainte Marie aux Mines. Il est reçu en 1651 et décède en  1674.

Une de ses œuvres est  conservée au musée de l’œuvre Notre Dame à Strasbourg, un vidrecom figurant un vigneron en bois sculpté  polychrome  portant une  hotte sur son dos en argent massif. Un gobelet réalisé en 1669  au musée d’Unterlinden à Colmar.

Informations :

  • Bibliographie : Revue d’Alsace Pierre SCHMITT « Orfèvre et orfèvrerie  à Colmar du Moyen Age à la fin  du XVIIIe »
  • Adjugé : 2.200 euros  (prix marteau) 
  • Mes Beaussant & Lefevre
  • 29 novembre 2019 –  Drouot

Paire de flambeaux – Paris 1708 – Philippe II ROUGEMAILLE

Paire de flambeaux - PARIS 1708 - Philippe II ROUGEMAILLE

Paire de flambeaux – PARIS 1708 – Philippe II ROUGEMAILLE

Sera présentée lors de la vente de Maîtres Pescheteau Badin assistés du cabinet Emeric & Stephen Portier le 22 novembre prochain à Drouot une paire de flambeaux en argent posant sur une base ronde godronnée et gravée d’armoiries timbrées d’un heaume. Le fût cannelé orné de mascarons.

Cette paire a été réalisée par Philippe II ROUGEMAILLE (vers 1666- après 1716) à Paris en 1708.

Philippe II ROUGEMAILLE fils de Philippe I ROUGEMAILLE et petit fils de Jacques ROUGEMAILLE est reçu maître en 1686. Il résidera successivement rue Callande, place Dauphine et au marché neuf.

Ce modèle en argent fondu et ciselé est à rapprocher d’une paire de Michel FILASSIER (collection PUIFORCAT), reproduite dans l’ouvrage d’Henri NOCQ
Ainsi que de deux autres paires conservées au Metropolitan de New York.

Paire de flambeaux, PARIS 1701-1702, Charles Petit Metropolitan NEW YORK - Collection Catherine WENTWORTH, N° d'inventaire 48.187.245a, b, .246a, b Reproduit dans l’ouvrage de Faith Denys, Three Centuries of French Domestic Silver. N° 276

Paire de flambeaux, PARIS 1701-1702, Charles Petit
Metropolitan NEW YORK – Collection Catherine WENTWORTH,

Une réalisée par Charles PETIT en 1701-1702, de même modèle, la base plate armoriée est soulignée de godrons, le nœud de joncs et rubans croisés, le fût de forme tronconique présente un décor de canaux et godrons en relief sommé de quatre mascarons féminins. Le binet droit reprenant le décor de canaux et godrons dans sa partie inferieure.

Ce modèle est répertorié dans l’ouvrage de Michèle Bimbenet- Privat, les Orfèvres et l’orfèvrerie de Paris au XVIIe, sous le nom de modèle en « gaine cannelée ». Il aurait été créé par Nicolas DELAUNAY ou Claude II BALLIN, son succès a perduré pendant le premier quart du XVIIIe.

JEAN MAUZIE - Paris 1734-1735 - Flambeaux - MET

Jean Mauzié – Paris 1734-1735 – MET New York

En témoigne la seconde paire de flambeaux plus tardive, réalisée par Jean MAUZIE en 1734-1735, d’un modèle approchant, également conservée au Metropolitan de NEW YORK (N°48.187.41a, b, .42a).
Il est intéressant de noter les similitudes, le fût et le binet, le décor de canaux et mascarons et l’évolution de la base qui n’est plus plate mais soulignée d’un ombilic, comme on le verra tout au long du XVIIIe.

 

Notre paire porte les poinçons du maitre orfèvre : fleur de lys couronnée deux grains, PR , une maille comme différent, le poinçon de Jurande (lettre P couronné ) , de charge : un A couronné sous la base de chaque flambeau.

PARIS 1708 - Philippe II ROUGEMAILLE (vers 1666- ap. 1716)

PARIS 1708 – Philippe II ROUGEMAILLE (vers 1666- ap. 1716)

Le poinçon du maitre orfèvre répété sur le bord de la base et le binet
La décharge : couronne avec sceptre et main de justice sur le bord de la base.

Par leur densité, leurs proportions : base large et plate, binet altier, leur décor sobre et dense à la fois, cette paire de flambeaux offre le charme puissant des pièces « primitives » de la fin du XVIIe ou tout début XVIIIe.

Informations :

  • Mes PESCHETEAU BADIN
  • Vente : Vendredi 22 Novembre 2019 13:30
  • Exposition : Jeudi 21 novembre de 11 h à 21 h – Ouvert au public
  • salle 3 – Drouot-Richelieu, 9, rue Drouot 75009 Paris

Collection Jean- Claude DELAUNEY – Tasses à vin de Haute Normandie

Maîtres Éric Beaussant et Pierre-Yves Lefèvre disperseront les 23, 24 et 25 octobre prochains à Drouot les Collections de Maître Jean-Claude Delauney, avocat honoraire, ancien Bâtonnier de Caen.
Parmi ces collections un bel ensemble de tasses à vin ou tasses de qualité muséale, de la juridiction de Rouen (Rouen, Cany, Caudebec, Fécamp) et de celle de Caen (Avranches, Bayeux, Caen, Coutances, Villedieu les Poêles).

Tasse a vin Cany Caudebec Fecamp

On a longtemps parlé de façon impropre de tasse à cidre pour ce modèle caractéristique, propre à la Haute Normandie.
Modèle en argent uni, large et généreux, à fond plat sans décor, si ce n’est le nom du propriétaire sur le bord et l’appui pouce, gravé de feuillage ou d’une scénette accompagnée d‘un aphorisme.

Il s’agit de tasse à oreille ou tasse à vin commandées aux orfèvres par les négociants, les cultivateurs, tanneurs, toiliers….

Certes la Normandie est plus une région de cidre que de vin, mais on sait qu’ au XVIIIe quelques parcelles de vigne étaient cultivées sur les coteaux de la Seine.
Ces tasses constituaient surtout une valeur refuge.

Tasse a vin Juridiction de RouenCes tasses portent toujours le nom de leur propriétaire (homme ou femme !) parfois agrémenté d’un motif décoratif, plume, branche ….

Le modèle de ces tasses évolue au cours du temps.
A la fin du XVIIe – début du XVIIIe les appuis pouces sont en forme de coquille gravés de motifs feuillagés, comme l’illustre la tasse N° 138 de la vente : Tasse à vin en argent uni marqué « G.NEEL». L’anse anneau à appui pouce découpé gravé de feuillages. ROUEN 1712, Maître Orfèvre: Daniel II MAMEAUX.

Dans les années 1720 apparait la mode des gravures de devises ou aphorismes qui perdurera jusque vers 1780.
Ces devises ont pour sujet l’Amour, les appuis pouce sont gravés de putto et portent des devises sans équivoque « Flambeau de l’amour » ( N°131- Fécamp vers 1760), « Je n’en veut qu’à vous » (N°128, CANY, deuxième moitié XVIIIe, Maître Orfèvre: Pierre DESHAYS), « L’amour nous unit » (N°129, CAUDEBEC vers 1770, Maître Orfèvre: Jean-Jacques AMELINE) « Je le porte partout » (N°130, FECAMP vers 1755 – 1757 )

Certains sont empreints d’humour, tel celui figurant un amour ailé tenant une flèche et un tourne broche fiché de cœurs, gravé «J’EN FAIS DES ROTIES » !! . (N°142, ROUEN 1715).
Autre sujet : le jeu, « LE CABRIOLE » (N°139, Rouen 1765), le vin « Au petit cabaret » (N°141, ROUEN 1756-1762).

Outre ces tasses à vin normandes seront présentés des tastes vin ou goutes vin en argent uni à ombilic posant sur une petite bâte filetée de BORDEAUX (N°219 & 220).
Modèle propre à Bordeaux, uni de forme tronconique évasée, sans anse dont le fond constitue un ombilic fortement bombé.

Goute Vin Bordeaux

Figurent également à la vente plusieurs tasses à vin plus classiques à décor de godrons tors et frises de points, l’anse serpents affrontés de Falaise (N°173) , Paris (N°191 et 192), de Bourgogne : Macon (N°248 & 249), Beaune (N°250) ou uni, Angers (N°244), Orléans (N°251)…

Tasse de chasse Saint Maixent XVIIIe siecleEnfin une rare tasse de chasse de Saint Maixent, de forme oblongue à légers contours, les bords incurvés godronnés, présentant à l’extrémité un anneau de suspension à attache cordiforme.
Les tasses de chasse sont de forme ovale à fond arrondi munies d’un anneau de suspension à une extrémité, elles étaient destinées à être glissées dans la poche lors de chasses. Elles se rencontrent principalement dans les juridictions d’Angers et de Poitiers.

 

Information :

  • Vente aux enchères – Drouot Richelieu – Salles 5 & 6
  • Mercredi 23 octobre à 13h30 : Livres et orfèvrerie
  • Expositions Publiques : mardi 22 et mercredi 23 octobre 2019

Collection Jean- Claude DELAUNEY – Boites de toilette VALOGNES, Jean-François Jobart

Paire de boites de  toilette - VALOGNES 1730 -1748 -  Maître Orfèvre : Jean-François JOBART

Paire de boites de toilette – VALOGNES 1730 -1748 – Maître Orfèvre : Jean-François JOBART

Maîtres Éric Beaussant et Pierre -Yves Lefèvre disperseront les 23, 24 et 25 octobre prochains à Drouot les Collections de Maître Jean-Claude Delauney, avocat honoraire, ancien Bâtonnier de Caen.

Ces collections ont été constituées sur trois générations, parmi elles un bel et rare ensemble de pièces d’orfèvrerie française des juridictions de Rouen, Caen, Bordeaux, de la généralité de Paris ….

Y figure une paire de boites de toilette rondes de VALOGNES 1730-1748, du maitre orfèvre Jean-François JOBART (père) reçu en 1711.

Elles sont bordées de godrons, ceinturées d’un décor d’entrelacs feuillagés et volatiles sur fond amati. Boite de toilette rinde Valognes Jobart

 

Les couvercles sont gravés de larges armoiries d’alliance timbrées d’une couronne comtale aux armes d’alliance de Michel Picot, Seigneur de Beauchesne, né en 1652, mort en charge en 1730, secrétaire du Roi en 1695, demeurant à Saint Malo et de Marie Vivien de la Vicomté (1674-1740).

Famille d’origine écossaise, installée en Normandie puis à Saint Malo, enrichie dans le commerce avec Cadix et l’armement maritime.

Boite ronde Jobart POINCONS VALOGNES

Poinçons de Maison commune, de charge et Maître Orfèvre. VALOGNES 1730 -1748 – Maître Orfèvre : Jean-François JOBART

Elles portent sur les fonds et les couvercles les poinçons de Maison commune, de charge et celui du Maître Orfèvre.

Ces boites proviennent d’un nécessaire de toilette. Nécessaire qui comprenaient miroir, boites à éponges, bassin et aiguière, boites à poudre, pots à fard…  liés au cérémonial de la toilette apparu au XVIIe.

La toilette était un moment de représentation qui avait lieu dans la chambre, lieu de réception et de paraitre plus que d’intimité. Elle a donné lieu à la création d’objets somptueux dont nos boites témoignent.

 

Nos boites sont à rapprocher d’une paire de boîtes de Jean François JOBART père, orfèvre à Valognes, de dimensions plus réduites (26870 A-B), ainsi qu’une autre paire de boites de toilette, de Jacques Agasse Maitre Orfèvre à Caen (inv.26870 C-D), toutes deux conservées au musée des Arts Décoratifs de Paris, de modèle très proche.

Informations :

  • Vente aux enchères – Drouot Richelieu – Salles 5 et 6
  • Mercredi 23 octobre à 13h30 : Livres et orfèvrerie – EXPOSITIONS PUBLIQUES
  • Mardi 22 octobre de 11h à 18h  Mercredi 23 octobre de 11h à 12h
  • BEAUSSANT LEFÈVRE – Commissaires-priseurs 32, rue Drouot 75009 Paris – 01 47 70 40 00

 

Aiguière en Vermeil

« Une Collection » – Maitres Pescheteau – Badin

AIGUIERE VERMEIL XIX siecleL’étude de Mes Pescheteau Badin commissaires-priseurs, assistée du cabinet d’Expertise ’Emeric & Stephen Portier, présentera une aiguière en vermeil lors de la vente « Une collection » du 27 mars 2019 à Drouot.

Cette aiguière de belle facture pose sur un piédouche souligné de trois captifs en véritable ronde bosse symbolisant des nations vaincues.

La panse décorée en repoussé d’une scène à l’antique figure la construction d’un pont sous le regard de soldats romains armés de lances. A l’arrière-plan, en bas-relief une ville fortifiée, un camp militaire et une troupe de cavaliers en manœuvre.

BAS RELIEF 1 Aiguiere en vermeil du XIXe siecleBAS RELIEF 2 aiguiere en vermeil du XIXe siécle

Il pourrait s’agir d’un épisode des guerres daciques menées par l’empereur Trajan. Guerres au cours desquelles Trajan fit construire un pont enjambant le Danube à Drobeta.

 

L’épaule est animée de putti architectes et musiciens, ornée de trois cartouches, illustrant deux des douze travaux d’Hercule: Hercule terrassant le lion de Némée et la biche de Cérynie et au centre d’armoiries.

ANSE Aiguiere vermeil XIX siecleLe col orné d’enroulements feuillagés et le versoir d’un officier romain tenant sur sa cuisse un bâton de commandement. L’anse fondue formée d’un faune et d’un animal à corps d’homme, l’attache en mufle de canidé.

Datée du XIXe, elle est dans le goût Baroque par sa forme et la richesse de son décor. Elle rappelle en ce sens l’aiguière de Lomellini conservée au Victoria & Albert muséum.

Lomellini_Ewer_and_Basin

Bassin & Aiguière Lomellini – V&A Museum

 

Elle est marquée de trois poinçons sur la base : « F » dans un écu sur fond strié, couronné, répété deux fois et le monogramme AC dans un ovale. Ces poinçons sont répertoriés dans l’ouvrage de Marc Rosenberg (1851-1930) historien de l’orfèvrerie allemande.

M. Rosenberg a étudié la totalité de la collection d’orfèvrerie du baron Mayer Carl Von Rothschild (1820-1886). Passionné par l’orfèvrerie le baron de Rothschild avait réuni une importante collection d’orfèvrerie essentiellement allemande, où se côtoyait des pièces extraordinaires de qualité muséale, tout comme des copies…

POINCONS aiguiere en vermeil XIX siecle

Lors de cette étude M. Rosenberg releva quantité de poinçons dont ce «  F » dans un écu, sur une tasse datée du XVIIe,classé comme « poinçon inconnu » (N°9553, Der Goldschmiede Merkzeichen).

Informations :

  • Vente « Une Collection »
  • Vente : Mardi 27 Mars à 14:15 à Drouot Richelieu – Salle 06
  • Exposition : Lundi 25 mars de 11h à 18h & Mardi 26 mars de 11h à 18h & Mercredi 27 mars de 11h à 12h

Bague Cachet  » Deo Juvante « 

BAGUE DEO 1Maitre Éric Boureau assisté du cabinet d’expertise Emeric & Stephen Portier présentera le samedi 15 décembre 2018 une bague en or jaune et argent, formant cachet.

La matrice de forme quadrilobée en lapis lazuli porte la devise « Deo Juvante » (Avec l’aide de Dieu). L’anneau est épaulé de deux anges, un portant un glaive, le second une croix. Elle est datée dans l’anneau : 20 juillet 1850.

Notre bague témoigne du goût pour l’historicisme au XIXe, en particulier pour le Moyen Age. Les créations de Jean Valentin Morel, François Désiré Froment Meurice, Jules Wiese…illustrent cet engouement pour les bijoux néogothiques en vogue principalement sous la Restauration et la Monarchie de Juillet.

Une bague identique, datée du 2 juin 1853, figurait dans la succession de feus Monseigneur le Comte de Paris et Madame la Comtesse de Paris lors de la vente du 14 octobre 2008 chez Christie’s.

A noter la date du 20 juillet 1850 gravée dans l’anneau de notre bague, qui correspond à la date de la première communion de Louis Philippe Albert d’Orléans, Comte de Paris (1838-1894). La première communion fut célébrée dans la chapelle catholique Française de Londres, lors de l’exil de Louis Philippe et de la famille royale après la Révolution de 1848. (Estampe de A.Bayot, Musée Carnavalet, Histoire de Paris).

La bague est présentée dans un écrin de la maison DUPONCHEL & Cie, rue Neuve Saint Augustin 47, Paris.

Henri Duponchel (1794-1868) a été associé à Jean-Valentin Morel entre 1842 et 1846, leur entreprise Morel & Cie était une des plus en vues à Paris. Elle répondait à l’engouement d’alors pour les Arts du passé.

La boutique était installée au 39 rue Neuve-Saint-Augustin. « Dès son début, elle attira l’attention des hommes du métier, aussi bien que celle des amateurs avisés. Ses belles et riches montures de joaillerie, sa précieuse orfèvrerie, furent très remarquées lors de l’Exposition de 1844, et Morel y fut récompensé d’une médaille d’or… Il avait envoyé un grand nombre d’objets remarquables : coupes, buires, coffrets, châtelaines ou bracelets enrichis de petites figurines d’enfants et d’émaux délicats.

Jean valentin Morel écrit « En 1842, je m’associai avec M. Duponchel, et je puis dire, avec un certain orgueil, que, pendant la période de notre association, la maison que nous avions fondée sut faire reprendre à l’orfèvrerie française la haute position qu’elle occupait avant 1789 ».

Henri Duponchel est alors directeur artistique, il marie volontiers dans ses créations, l’or, l’argent oxydé, les pierres dures et l‘émail. Suite à des tensions entre les deux associés et à l’issue de deux procès (1848 et 1849) les deux hommes se séparent. Henri Duponchel reprend la société qui prend le nom de Duponchel & Cie. Il poursuivra son acticité d’orfèvre jusqu’à sa mort en 1868.

Info Pratiques :

  • Vente le samedi 15 Décembre 2018
  • Me Eric BOUREAU
  • 62 rue Gambetta, 50200 Coutances
  • Tél : +33 2 33 19 01 80

Bagues d’homme – Collection Yves Gastou

Bague collection yves Gastou 1L’école des arts joailliers expose une partie de la collection de bagues de l’antiquaire Yves Gastou.

Répartie en plusieurs vitrines, l’exposition est classée par thèmes : néoclassique, chevalerie, gothique, religieux, vanités, ethnique et curiosités.

Dans une mise en scène sobre, deux pièces aux murs recouverts de lourds rideaux rouges et bleus, vitrines droites, la plus importante est en forme de croix, dans lesquelles se déploie la collection.

L’œil est étourdi par tant d’objets, passant de bagues ornées d’intailles à des bagues de « bikers », d’armoiries classiques aux têtes de mort.

Un grand écart visuel, une amusante gymnastique avec le « bon goût », une découverte des époques et des styles. On se régale!Bague Collection Yves Gastou 4

Une surprenante ambiance « néogothique » où se mêle pic cierge, chasuble, Anges en prière et Jeanne d’Arc , là où l’on s’attendait à trouver des meubles design, plus contemporains ..

A voir, pour la Joie de nos yeux!

Informations Pratiques :

  • ÉCOLE DES ARTS JOAILLIERS
  • 31, rue Danielle Casanova, 75001 Paris
  • Exposition du 5 octobre au 30 novembre 2018
  • Entrée libre du lundi au samedi de 12h à 19h

 

Boite en or – Napoléon III – Maison Moulinié, Bautte & cie – Gabriel Aristide Passot

BOITE OR NAPOLEON III PASSOTBOITE OR NAPOLEON III PASSOT 1Maitres Xavier de la Perraudière et Florian d’Oysonville  présenteront le 24 octobre 2018 assistés du cabinet d’Emeric et Stephen Portier une boîte en or jaune guilloché et argent de forme rectangulaire, les angles arrondis sertis de diamants ronds de taille ancienne. Les bords soulignés de frises de fleurs et de fruits rehaussées d’émail translucide bleu.

Le couvercle à charnière orné au centre d’une miniature polychrome sur ivoire figurant l’empereur Napoléon III portant les insignes et le collier de Grand Maître de la Légion d’honneur, signée Passot en bas à droite, d’après l’œuvre de Franz Winterhalter, dans un entourage de diamants.

Elle est marquée sur la gorge « Dumoret Joaillier rue de la Paix N°5 » et contient un document autographe précisant : «  Cette tabatière a été donnée par l’Empereur Napoléon III à Monseigneur G.Darboy, Archevêque de Paris, sénateur, Grand aumônier de l’Empereur, Grand Officier de la Légion d’Honneur. Ce bijou échut en partage à Ernest Crussard, son propre neveu » 

BOITE OR NAPOLEON III PASSOT 2

Cette boite a été réalisée par la maison Moulinié, Bautte & Cie, dans les années 1819-1838.

Moulinié, Bautte & Cie est une Maison Suisse spécialisée dans la création de montres et objets de vertu.

Jean-François Bautte horloger-bijoutier est issu d’un milieu ouvrier, orphelin alors qu’il est encore très jeune, il est placé en apprentissage dans les différents métiers de monteur de boîtes, guillocheur, horloger, bijoutier… En 1793 Jean-François Bautte présente ses premières créations et fonde la manufacture Moulinié & Bautte en association avec Jacques-Dauphin Moulinié. En 1804, Jean-Gabriel Moynier s’associe aux deux hommes et la manufacture prend le nom de Moulinié, Bautte & Cie. La maison Moulinié, Bautte & cie dépassera les frontières suisses pour s’implanter à Paris.

BOITE OR NAPOLEON III PASSOT 6Gabriel Aristide PASSOT (1797-1875)

Peintre en miniature, il exposa aux salons de 1824 à 1870, il fut nommé peintre en miniature de Napoléon III.

Ses œuvres sont exposées au musée Carnavalet, au petit Palais, au château d’Arenenberg…

Notre boite est à rapprocher de deux boites en or de Maurice Meyer (1838-75), chacune ornée d’une miniature figurant Napoléon III signée Gabriel Aristide Passot d’après Franz Xavier Winterhalter, une reproduite dans l’ouvrage Bijoux à Portait de Diane Scarisbrick (Fondation Napoléon , donation Lapeyre) , l’autre conservée dans les collections de miniatures de sa Majesté la Reine ( Royal Collection Trust – RCIN19113 )

Elle reflète la tradition royale puis impériale consistant à offrir des boites à portraits ou des médaillons en cadeau diplomatique, récompense ou signe de reconnaissance. A la chute de Napoléon III les tabatières en or à portait disparaitront.

Le document autographe que renferme cette boite met en lumière la personnalité de Georges Darboy (1813-1871) à qui cette boite a été offerte par l’Empereur.

Georges Darboy évêque de Nancy puis archevêque de Paris, sénateur, fut le grand aumônier de Napoléon III. Arrêté par ordre de la Commune, détenu en otage à la prison de Mazas, il fut fusillé à la Roquette le 24 mai 1871.

Léon Bloy, dans son récit intitulé « Celle qui pleure », évoquant une apparition de la Sainte Vierge survenue en 1846, narre cette anecdote : « L’exécution de Mgr Darboy lui aurait été prédite par Maximin Giraud, un des jeunes voyants de la Salette, le 4 décembre 1868, au cours d’une entrevue au cours de laquelle Mgr Darboy s’était exprimé de manière négative sur les apparitions de la Vierge Marie qui eurent lieu en 1846 à la Salette

«  – Votre prétendue Belle Dame, dit l’archevêque au jeune homme, il est stupide, son discours. – Monseigneur, répondit Maximin avec force, il est aussi vrai que la Sainte Vierge m’est apparue et qu’elle m’a parlé, qu’il est vrai qu’en 1871 vous serez fusillé par la canaille.

Aux personnes qui, trois ans plus tard à la prison de La Roquette où il était détenu, tentaient de le sauver MGR Darboy répondait «  C’est inutile, Maximin m’a dit que je serai fusillé. »

Son corps fut retrouvé dans la fosse commune du Père Lachaise. Après la Commune, il reçut des obsèques nationales et fut inhumé à Notre Dame de Paris.

Condition report :BOITE OR NAPOLEON III PASSOT POINCON 3

  • Poinçons : Porte sur la gorge le poinçon de garantie pour les ouvrages d’origine étrangère (Tête d’égyptien) et sur le fond intérieur trois poinçons (lettre G dans un cartouche et poinçon d’orfèvre: initiales « MB&C » inscrites dans un losange répétés deux fois)  
  • Bon état général, rayures d’usage, petits éclats à l’émail, manque quelques-uns des rivets sur le bord du couvercle
  • Longueur : 91 mm — Hauteur : 23 mm — Largeur : 62 mm — Poids brut : 190g

Informations pratiques :

  • Vente : le 24 octobre à ANGERS
  • Frais de vente : 21 %
  • Contact : contact@laperraudiere.fr

Boucheron – Collier de chien Diamants – XIXème

Collier Boucheron diamants XIX siecleCollier de chien articulé en or 750 millièmes et argent 925 millièmes composé de six motifs ronds ajourés à décor de feuillages entièrement sertis de diamants ronds de taille ancienne et taillés en rose, certains plus important — Travail français du XIXe siècle.

L’Histoire de la maison Boucheron créée en 1858 par Frédéric Boucheron traverse les fastes du second Empire et de l’Art nouveau.

La Nature est un des thèmes fort de la maison.

Il fut mis à l’honneur par Frédéric Boucheron qui s’en inspira abondamment. C’est également un des sujets de prédilection des créateurs de l’Art nouveau (1895-1910). Période où le naturalisme s’imposera en réaction à l’historicisme omniprésent dans les arts décoratifs de la fin de siècle.

Le collier présenté par Me Olivier Doutrebente assisté du cabinet d’Emeric & Stephen Portier illustre cette vogue et l’importante de la Nature comme source d’inspiration.

Bijou extrêmement gracieux que l’on imagine porté par la Comtesse Greffulhe dans un des salons de son hôtel particulier de la rue d’Astorg…

Il semble par sa finesse, ses lignes souples, fleuries et ajourées, conçu pour souligner le cou Motif Collier Boucheron HDgracile, la nuque d’une femme aux cheveux relevés en chignon vaporeux tel qu’on les porte en cette fin de siècle. Les fleurs inscrites dans les maillons ronds deviennent motif principal, les diamants sont comme accessoires du bijou, visant à sublimer, illuminer la femme qui le porte.

La Souplesse du collier, l’articulation fluide des six maillons qui le composent témoigne de la remarquable maitrise technique et du savoir-faire des artisans de la maison Boucheron. Le collier serpente, les motifs s’adaptent, épousent le cou et s’y posent parfaitement.

Témoignage d’une époque, de la qualité des bijoux de la maison Boucheron, ce collier a été adjugé 67.000 euros lors de la vacation orchestrée par Maitre Olivier Doutrebente à l’hôtel Drouot le 10 avril 2018.

 

Paire de pot à fard – Paris 1715 – Jacques Delavigne

Le cérémonial de la toilette né au XVIIe autour de la personne royale a donné lieu à la création de mobilier et objets d’apparat. La toilette devient un moment de Représentation.

Peu à peu ce cérémonial et le mobilier qui y est attaché se répand à l’aristocratie donnant lieu à des nécessaires fastueux   fait pour être vu et témoigner de la richesse de leur possesseur.

La toilette se déroule alors dans la chambre lieu de réception et de paraitre plus que d’intimité.

A l’origine le mot toilette désigne l’étoffe sur laquelle sont posés les accessoires puis par extension l’ensemble des objets la composant.

Les objets de toilette sont réunis en nécessaire ou service de toilette au cours du XVIIe. Ces nécessaires sont décrits dans les inventaires royaux mais peu ont survécu aux fontes ordonnées par Louis XIV.

Van Mieris Frans Le Vieux

 

Cérémonial de la toilette.

« Autour d’un miroir de chevalet éclairé de flambeaux se répartissent coffrets, pelotes à épingles, boîtes à poudre, pots à fard, brosses, aiguière et bassin, disposés à la vue de ceux à qui l’on accordait audience tout en se faisant coiffer ».

 

 

Ces nécessaires différaient suivant qu’ils étaient destinés à un homme ou une femme. Ils comprenaient miroir, boites à éponges, bassin & aiguière, boites à poudre …   pots à fard ou pots de toilette.

Les pots à fards étaient généralement présentés sur un plateau présentoir à pied dit « salve ». Deux exemples sont conservés aux musées des Arts décoratifs de Bordeaux (Jean Charles Fauché, Paris 1449-50) & Strasbourg. Leur usage s’est poursuivi jusqu’au XVIIIe siècle.

Il s’agissait de petit récipient pouvant être en argent mais aussi en faïence ou en porcelaine. Saint-Cloud proposa de nombreux ensembles de pots contenant les fards. Ces pots cylindriques, complétés d’un couvercle à prise en bouton, étaient réalisés en plusieurs grandeurs suivant leurs fonctions.

On distingue les boites à poudre, les pots à onguent, à opiat (pour les dents), à fard …

Le fard constituait l’indispensable touche finale à la toilette. Depuis l’Antiquité grecque, on utilisait la céruse (oxyde de plomb), sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Dès la fin du XVIe siècle, on se farde pour avoir le teint blanc. L’usage du fard donne l’illusion d’un visage pur, exempt de toutes taches, de toutes cicatrices. Il permet de dissimuler les rougeurs, les couperoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins. La blancheur du visage est symbole de pureté et de distinction de l’aristocratie.

Autre couleur de fard le rouge, symbole de séduction, il fut utilisé par Louis XIV et par les membres de la cour à sa suite. 

Paire de pot a fard Paris 1715 DELAVIGNENotre paire de pot à fard provient certainement d’un nécessaire. Elle a été réalisée vers 1715 par Jacques DELAVIGNE, orfèvre reçu en 1714. I

Les pots posent sur un piédouche à bordure de godrons et sont ornés à mi-corps d’appliques de motifs de lambrequins, godrons alternés sur fond amati délimités par un jonc. Le col est souligné d’une frise ciselée de lambrequins et de filets. Les couvercles à doucine sont bordés d’une moulure de godrons, la prise en forme de fruit sur tertre godronnée rayonnant.

Les motifs de lambrequins en applique sur un fond légèrement amati ou encore la frise gravée sur le col frise de volutes témoignent des décors en vogue au début du XVIIIe. Le décor ornant le corps : alternance de lambrequins et godrons alternés est à rapprocher de celui d’une timbale de Louis BELLANGER, Paris 1722 (collection Jourdan Barry) . Ce modèle étant courant dans les années 1710 -1720.

Objets rares cette exceptionnelle paire de pots à fard a été adjugée 38.000 euros par Me Olivier Doutrebente assisté du cabinet d’Emeric & Stephen PORTIER.

Informations :

  • Vente du 10/04/2018 à Drouot
  • Etude DOUTREBENTE
  • Adjugé : 38.000e
  • Bibliographie : Les orfèvres et l’orfèvrerie de Paris au XVIIe siècle – Michèle Bimbenet Privat Tome II Paris Musées